Le rapport qui enterre la voiture à hydrogène
Commandité par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, le rapport sur le « véhicule grand public d’ici 2030 » propose des recommandations de politiques publiques afin de préparer l’avenir du secteur automobile, principalement dans le choix de technologies moins polluantes. La propulsion hydrogène y apparaît comme utopique, l’hybride l’amélioration des moteurs actuels comme des étapes intermédiaires intéressantes.
Le rapport sur « Les perspectives concernant le Véhicule grand public d’ici 2030 » que publie Le Point a été piloté par Jean Syrota, expert en énergie, à la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. A travers 130 pages, il explore toutes les technologies automobiles dites vertes et tente d’en dégager les meilleures perspectives, après avoir auditionné une trentaine d’acteurs du secteur.Il n’y a pas de solution universelle
Le rapport met d’abord l’accent sur la nécessité de changement des habitudes automobiles actuelles, intenables en matière d’environnement, et souligne qu’un modèle de propulsion ou de technologie universel n’est pas envisageable. L’Asie est prise en exemple avec l’Inde se dirigeant vers des véhicules issus de scooters - du gabarit d’une Tata Nano - et la Chine préfèrent des véhicules aux normes européennes, de type low cost. A ces particularités régionales s’ajoutent en plus des spécificités énergétiques locales. La Russie a par exemple plus de chance de privilégier la propulsion gaz.
L’hybride plein de promesses
Concernant les solutions techniques à préconiser, le rapport conclue que les véhicules thermiques constituent la meilleure piste. Le carburant liquide est d’abord « l’énergie la plus adaptée à la propulsion des véhicules » et « les infrastructures nécessaires pour le produire et le distribuer existent ». Du point de vue de leur rendement environnemental, on y apprend que « les véhicules thermiques actuels peuvent réduire de moitié leur consommation moyennant une optimisation de leurs performances» grâce à des procédés tels que le downsizing, le système Stop and Start, l’aérodynamisme et l’ajustement de la combustion et de l’injection. Son association avec le moteur électrique – moteur hybride – devient dès lors « un incontestable produit d’avenir ». Le véhicule hybride rechargeable cumulant les avantages du thermique et de l’électricité sans en avoir les inconvénients les plus importants. A savoir éliminer la pollution urbaine du thermique et se libérer des faibles autonomies de l’électrique.
L’électrique insatisfaisant
La propulsion totalement électrique est quant à elle écartée à cause de sa faible autonomie, le temps de rechargement des batteries et son bilan écologique. L’électricité est en effet produite, dans des proportions plus ou moins grandes suivant la saison ou le lieu, avec des énergies fossiles. Les auteurs remarquent néanmoins que la voiture électrique constitue une solution sérieuse pour lutter contre la pollution en centre-ville.
L’utopie hydrogène
Plus inattendues sont les conclusions à propos de l’hydrogène. On peut y lire que « L’hydrogène n’a vraisemblablement pas d’avenir comme source d’énergie des automobiles ». Les raisons sont un bilan énergétique guère convaincant, des problèmes de sécurité et un coût élevé de production des véhicules et de distribution du carburant.
Les autres alternatives sont écartées. Le GNV (gaz naturel) ne présente pas « d’avantage environnemental décisif », l’air comprimé « n’est pas vraisemblablement pas viable pour la propulsion des véhicules grand public ». On reproche à l’air comprimé un bilan énergétique moyen, une faible autonomie et un mauvais rendement. L’hybridation de l’air comprimé avec un moteur thermique est néanmoins intéressant.
A l’issu de ce rapport, on ne peut que remarquer un certain décalage entre ces informations et les intentions des constructeurs automobiles. La voiture hybride est effectivement dans les cartons de ces derniers, mais la voiture électrique y figure également en bonne position alors qu’elle est écartée du rapport. Alors pourquoi ? Les attentes du marché et l’aspect marketing de la voiture électrique jouent peut-être en sa faveur.
Lire le rapport complet publié par Le Point
Vos réactions
![]()
Cher M.Genty vous n'avez pas tout a fait tort, mais il ne faut pas tout a fait sous estimer les intérêts mutuels qui ont les constructeurs automobiles et les pétroliers, surtout pour freiner la R&D sur les moteurs thermiques (amélioration du rendement, recherche d'une plus basse consommation et fiabilité) au détriment du consommateur (quel formidable vache à lait) !
Avec les nouvelles technologies de fabrication et conception (logiciels cad-cam)les constructeurs gagnent beaucoup plus d'argent (dépensent beaucoup mois au fait)qu'on le pense aujourd'hui et çà permet de dégager des investissements en marketing et en "bourrage de mou" des consommateurs!! Les marchés sont beaucoup plus fermés à la concurrence qu'on pense. Le fait par exemple que les chinois soient considérés les plus grands fabricants mondiaux de voiture aujourd'hui n'est pas significatif pour nous occidentaux, on ne verra pas de sitôt des quantités de voitures chinoises rouler sur nos routes et d'ailleurs pas non plus de voitures indiennes!
On s'arrangera pour freiner leur diffusion avec des arguments que le consommateur "veut à tout prix" de la technologie et de la puissance, même si c'est pour rouler seulement entre 50 et 120 km/heure sur tout le continent européen ! Les chinois ont compris que l'effort en marketing est trop couteux pour faire la compétition avec l'occident! Leur marché leur suffit encore pour 50 ans. Et finalement le rapport sur le véhicule grand public n'est pas totalement dénué de bon sens dans ses conclusions!
Le prochain constructeur à faire les frais des concentrations dans l'industrie sera Renault...à cause de la mauvaise et désastreuse vision de son PDG en faveur du tout électrique. Il méprise totalement ses clients...il ne fait que servir son actionnaire et cela sera fatal!
![]()
C'est sûr, ce n'est pas Jules Verne qui est l'auteur du rapport, normal me direz-vous: " Il n'etait pas TEXAN ".
PS: TEXAN au sens large
![]()
Je pense que le lobbying des grands groupes pétroliers a joué dans l'élaboration des conclusions de ce rapport.
Il faut en effet être totalement fou aujourd'hui, ou sous la coupe de Total et Cie pour affirmer que "les véhicules thermiques constituent la meilleure piste" et que "le carburant liquide est l’énergie la plus adaptée à la propulsion des véhicules" alors que l'on sait que le pétrole est une énergie non renouvelable et qu'il n'y en aura bientôt plus.
Ajoutez votre commentaire pour cette news
Pour des raisons de sécurité, les commentaires contenant des balises Html ou des liens ne sont pas approuvés.
Espace Membre Cartech.fr
Connectez vous / Créez votre compte sur Cartech.fr
Participez aux discussions, commentez les articles, notez les produits, abonnez-vous aux newsletters, et bien d'autres services à venir !
Dernières News
Capteur de pression de pneus : attention, faille de sécurité importante
50 entrées pour le Mondial de l'Auto à gagner sur Cartech
Aston Cygnet, pas avant 2012 mais une version électrique est au programme
Léger restylage et arrivée du e-HDi pour le Citroën C4 Piccasso
Subaru développe sa nouvelle génération de moteurs boxer
Derniers essais
Renault Wind
Méconnaissable la Twingo sous cette robe. La Wind est en effet bien plus qu'une Twingo découvrable, c'est une voiture originale, tonique mais peut-être pas assez dévergondée.
Lire l'essai
Alfa Romeo Giulietta
Après 10 ans de service l'Alfa 147 cède sa place à une Giulietta totalement nouvelle. La ligne est comme toujours une réussite et un gros travail a été effectué sur le châssis. Une berline aboutie plus routière que dynamique.
Lire l'essai
Widget

Fils RSS